Roman · Thibault Verbiest & Chris Beaureve · 2026
XVe siècle, entre la Normandie brumeuse et l'Inquisition de Goa. Une guérisseuse. Un bûcher. Et le seul acte de liberté qui lui restait encore.
« Quand on lui a tout pris, il lui restait encore le pouvoir de ne pas parler. »
Normandie, 1565. Raoul revient de Goa après vingt-cinq ans d'absence. Dans ses bagages, une culpabilité insondable : il a abandonné Madeleine — la guérisseuse qu'il aimait — aux mains du tribunal. Elle a brûlé. Et il a laissé faire.
Mais le silence de Madeleine devant ses juges n'était pas une défaite. C'était le seul acte de liberté qui lui restait.
Roman historique entre la Normandie médiévale et l'Inde coloniale, Le Silence de Madeleine traverse cinq siècles pour raconter ce que l'histoire a voulu taire : le savoir des guérisseuses, transmis de femme en femme, et la violence systématique qui cherchait à l'éteindre.
Note historique : L'Inquisition de Goa a réellement brûlé ses victimes entre 1560 et 1812. Les procès pour sorcellerie des officialités normandes ont bien eu lieu. Les guérisseuses de la lisière ont existé, leurs pharmacopées transmises de femme en femme à travers les siècles.
Note d'intention
À une époque où aimer librement pouvait conduire au bûcher, Le silence de Madeleine explore la frontière invisible entre la faute et la vérité. Entre ce que le monde condamne… et ce que l'âme sait.
Madeleine n'est pas une victime.
Elle est un miroir.
Un miroir tendu à une société qui a oublié que la peur peut se déguiser en justice, que la foi peut devenir violence, et que le sacré peut être trahi par ceux-là mêmes qui prétendent le protéger.
Et si ce que nous jugeons…
était précisément ce que nous ne comprenons pas encore ?
Ce récit s'inscrit dans une démarche plus vaste :
celle de réconcilier les opposés.
Car au cœur de toute chasse aux sorcières, il y a une vérité oubliée :
ce que l'on cherche à détruire à l'extérieur est souvent ce que l'on refuse de voir en soi.
Le silence de Madeleine est une œuvre sur l'alchimie intérieure. Sur la transformation du regard. Sur la fin du jugement comme condition de l'amour.
C'est une invitation.
À écouter autrement.
À voir autrement.
À aimer autrement.
Et peut-être, au bout du silence,
à reconnaître que ce qui devait être sauvé…
n'était pas Madeleine.
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À la lisière de l'histoire, du féminisme et de la conscience.
Quand tout a été pris — le nom, le corps, la liberté — il reste encore cela : la décision de ne pas parler. Le silence de Madeleine est un acte politique, intime, et ultime.
Les guérisseuses de la lisière. Les pharmacopées transmises de main en main, de femme en femme. Un savoir que l'Inquisition a voulu brûler avec elles.
Raoul n'est pas un monstre. C'est un homme ordinaire qui a choisi de se taire quand il aurait dû parler. Le roman interroge cette complicité silencieuse.
Partie I — Ce que le feu n'a pas pris
Je suis revenu par la route de Genêts. C'était en novembre, je crois. L'année 1565 touchait à sa fin, ou peut-être 1566 commençait ; les mois s'étaient brouillés pendant la traversée, et je n'avais plus l'habitude de compter le temps à la manière d'Europe. À Goa, les saisons ne portaient pas de nom. Il y avait la mousson, et le reste.
Le vent soufflait du nord-ouest, chargé d'une odeur que j'avais oubliée. Pas le sel, non. Le sel, je le connaissais encore. Ce que je reconnaissais ici était autre chose. Une odeur végétale mêlée au sel, l'exhalaison des prés-salés quand la marée se retire et que l'herbe rase, gorgée d'eau de mer, libère ce parfum doux-amer que les moutons connaissent mieux que les hommes.
La baie s'étalait sous un ciel bas, grise et luisante comme le ventre d'un poisson. Novembre en Normandie : le granit du Mont, là-bas, avait la couleur exacte des nuages, et l'on aurait dit que la pierre et le ciel s'étaient entendus pour se confondre...
Auteur principal
Avocat international spécialisé en droit du numérique, romancier et essayiste. Auteur de la trilogie Edin et de Libre, Thibault incarne une figure rare : celle du juriste qui se tourne vers la fiction pour dire ce que le droit ne peut pas réparer.
Ce roman est né d'une irruption — une promenade en forêt, des images qui ont afflué pendant deux semaines, et au cœur de tout : une femme abandonnée sur un bûcher.
Co-auteur
Avocat et romancier, Chris Beaureve est également pionnier de la co-création humain-IA. C'est lui qui a proposé d'explorer ce projet en utilisant l'intelligence artificielle comme partenaire de création — non pour remplacer l'intuition humaine, mais pour lui offrir un corps.
Sa double identité — homme de droit et homme de lettres — fait écho à celle de Thibault, et c'est précisément cette résonance qui a rendu la co-création possible.
Il y a plusieurs années, j'ai reçu une histoire. Avec le sentiment qu'il s'agissait d'un récit vivant. Sans pouvoir déterminer clairement sa nature — mémoire, résonance, accès à un inconscient collectif — elle s'est imposée avec une force que je n'avais pas choisie.
Lorsque Christophe m'a proposé de co-écrire avec une intelligence artificielle, ma première réaction a été la résistance. En tant qu'auteur ayant écrit mes premiers romans seul, dans un processus long et exigeant, il existait en moi une fierté liée à cette expérience.
Mais cette résistance soulevait une question fondamentale : à qui appartient l'intelligence, et d'où viennent nos idées ?
Ce que j'ai découvert alors n'était pas technologique. C'était existentiel :
Je pensais écrire un roman avec une IA.